On a l’habitude de parler de cérémonie laïque, à commencer par le site que vous êtes en train de visiter ! C’est devenu un terme courant, qui est quasiment rentré dans le langage des futurs mariés, repris dans les magasines et à la télévision. Mais que veut dire exactement cette expression ? Pourquoi utilise-t-on le terme “laïque” ? Quelle est la définition d’une cérémonie laïque ?

Savez-vous que de nombreux termes désignent des courants de pensée -a priori- similaires, mais qui comportent des différences parfois significatives : athée, agnostique, irréligieux, areligieux, non religieux, antithéique, apathéique ? Et pourtant, on les confond souvent, ou on les utilise parfois à tord…

Je vous propose de faire un point terminologique, histoire de savoir de quoi on parle exactement !

Laïque or not laïque ?

La notion de laïcité est devenue très courante en France, et ce, depuis 1905, date à laquelle la République se déclare officiellement “laïque”. Mais qu’entend-on exactement par ce terme ?

Le Larousse donne deux définitions du terme :

  • “Qui concerne la vie civile, par opposition à la vie religieuse”
  • “Indépendant des organisations religieuses”

L’adjectif désigne ainsi des institutions ou des personnes non religieuses et neutres vis-à-vis de toutes les confessions.

Attention, “laïque” ne veut pas dire “sans religion”. Ainsi, une cérémonie civile de mariage, qui se déroule à la mairie, est une cérémonie de mariage laïque alors qu’elle peut concerner deux personnes croyantes ! C’est d’ailleurs la seule cérémonie de mariage officielle, reconnue par l’Etat. C’est ainsi que, grâce à la liberté de culte inscrite sur la constitution française, le fait de se marier civilement n’empêche pas aux mariés de célébrer une seconde cérémonie, non officielle, qui se réfère à leurs croyances. Jusqu’ici, cette seconde cérémonie était généralement religieuse.

La République laïque ne nie donc pas la religion. La laïcité suppose ainsi le respect des convictions des uns et des autres. Elle n’impose rien dans ce domaine, les pratiques de chacun étant tout simplement cantonnés dans leur sphère privée.

Ainsi, on peut être à la fois laïque et croyant ! C’est pourquoi un officiant de cérémonie peut ne pas être laïque.

La cérémonie laïque vient donc en complément de la cérémonie civile, conformément à la loi, mais en remplacement de la cérémonie religieuse. Elle peut concerner des couples hétérosexuels ou homosexuels, des couples croyants ou non croyants, de même religion ou mixtes, des couples jeune ou vieux, bref, tout le monde peut se retrouver un jour ou l’autre attiré par cette idée. En fait, c’est logique : elle est 100% personnalisable !

 

D’ailleurs, dit-on “Laïque” ou “laïc” ?

Selon wikipedia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Laïc), les deux termes « laïque » et « laïc » s’emploient indifféremment comme nom ou comme adjectif, au masculin ou au féminin.

Seul le terme « laïc » est réservé uniquement aux noms masculins. Les deux formes sont donc autorisées.

 

La cérémonie laïque a-t-elle toujours été “laïque” ?

Après ce que nous venons de voir, vous comprenez que non !

Les cérémonies dont ce site est l’objet n’ont pas toujours été désignées en tant que “cérémonie laïque” : il y a 15 ans, au tout début de la tendance, nous parlions essentiellement de “Cérémonie d’engagement“. Il s’agissait de la différencier de la cérémonie civile, qui est aussi laïque. Le terme “engagement” est plutôt parlant : cette cérémonie valorise les engagements réciproques des mariés, émis au moment de l’échange des vœux.

Pour la petite histoire, ces cérémonies étaient plutôt sporadiques, le concept n’était pas encore bien connu du grand public. Elles étaient parfois dévalorisées par les invités, essentiellement par méconnaissance. Mais avec les années, tous ces couples ne s’y sont pas trompés : les invités ont vite vu la sincérité de la démarche et l’engagement des mariés. Et ils ont souvent été séduits par le concept à l’issue de la cérémonie !

De manière plus anecdotique, les cérémonies laïques sont aussi désignées par les termes suivants :

  • Cérémonie à l’américaine” : En référence aux films et séries US. Ce terme est généralement utilisé par les invités les plus novices en la matière ! D’autant plus que la cérémonie laïque est un concept bien français (cf. cet article sur le sujet) !
  • Cérémonie symbolique” : Autre désignation dans les années 2000, mais certainement délaissé par les mariés car cela peut sous-entendre une certaine légèreté dans leur démarche, qui est généralement plus profonde et sincère ;
  • Cérémonie Athée” : nous verrons ci-dessous la définition du terme “Athée” ;
  • Cérémonie extérieure” ou “Cérémonie en plein air” : Simple mais efficace et compréhensible, et pas toujours vrai, certaines cérémonies religieuses de mariage se déroulant en extérieur ! Tout comme vous pouvez prévoir votre cérémonie laïque en intérieur !

Tous ces termes se sont progressivement effacés au profit de “Cérémonie laïque”, qui semble plutôt parlant pour de nombreuses personnes.

Ok pour laïque, et les autres termes alors ?

Athée

La personne athée ne croit pas : elle nie l’existence d’un ou plusieurs dieux, divinité ou entité quelconque.

C’est une position à la fois extrême et très pragmatique dans le domaine théologique puisque la pensée athée considère que le surnaturel n’existe tout simplement pas.

Aussi, la cérémonie athée ne mentionne en aucun cas toute référence religieuse.

Agnostique

Un agnostique considère que personne ne peut répondre à la question d’existence d’un dieu, divinité ou entité quelconque.

On peut dire que la pensée agnostique est modérée entre le croyant et l’athée, une “position normande” (!) : “on n’a jamais vu Dieu, mais il est vrai que quelques éléments sont troublants…

L’agnostique peut adhérer au mystérianisme, cette pensée qui considère qu’une partie de la réalité échappe à la compréhension humaine, faute de capacités suffisantes de notre espèce à comprendre et à capter les subtilités du monde qui l’entoure (« Nous ne savons pas et ne saurons jamais »).

La cérémonie agnostique peut ainsi faire référence à des textes, des rites ou des symboles retirées de religions ou de traditions locales. Une cérémonie celtique peut s’intégrer dans ce concept.

Ignostique

L’ignostique remet en question le concept de “dieu” et ses idées associées (la foi, l’après mort, l’âme, la rédemption, etc.).

Disons que les personnes ignostiques soulèvent le non-sens de l’existence d’un dieu car, pour eux, la définition même du terme “dieu” ne veut rien dire. Il s’agit là d’un débat à la fois conceptuel et terminologique ! La cérémonie ignostique rejoint donc, dans sa forme, la cérémonie athée.

Autres termes associés

  • Antithéique : la personne antithéique est opposée à ceux qui croient en l’existence d’un dieu. Elle rejette la croyance religieuse, à la limite du prosélytisme.
  • Libre-penseur : cette attitude refuse de se voir imposer le dogme religieux, au profit de l’expérience, la logique et la raison, pour penser et agir.
  • Sceptique : Il remet en question les affirmations car la vérité n’est jamais certaine. Elle est souvent relative (selon la personne, l’endroit, le lieu, le moment).
  • Apathéique : Il se désintéresse de la question de l’existence ou de l’inexistence d’un dieu.

Conclusion

La thématique de la laïcité est vaste, elle peut être encore plus développée. Que peut-on dire de nos cérémonies laïques finalement ? Si la laïcité est la liberté de croire ou de ne pas croire, la cérémonie laïque intègre cette liberté dans le cadre du mariage.

C’est certainement la principale raison pour laquelle le concept attire beaucoup de jeunes couples. Elle attire aussi des moins jeunes. Et pas que les couples. Les invités qui n’ont jamais connu de telles cérémonies semblent littéralement conquis par l’idée, après une période d’appréhension, de doute, voire de déni parfois. Pour peu que la cérémonie eut été bien préparée et bien conduite (d’où le rôle central de l’officiant !).

Ce succès s’explique par la liberté offerte par le concept, par la possibilité de s’affranchir des codes et des traditions, de définir et de personnaliser à l’extrême sa propre cérémonie, quitte à “dépoussiérer” cette longue tradition de l’union entre deux personnes qu’est le mariage. C’est se marier et penser comme on le souhaite, comme on est, sans que les voisins ou l’Etat ne s’en mêlent.

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